Le symptôme était encore inconnu à ce jour, limité à mon terroir d’adoption Le Languedoc, bien loin de cette province Wallonne où ils voient rouge à un tel point, qu’ils disent voir le vin, orange !
Les hommes de médecine, si bien raillés par le verbe d’un certain Molière, qui bien avant ma petite personne, est venu ici en terre viticole, distraire les bourgeois, les nobles et les curés, au sens large le mot curé mais pas trop tout de même, ces mé…de…cins donc auraient pu conclure à une hallucination.

Une quelque prise de substance liquide, tout droit sortie d’une bouteille, pourrait bien amener à perturber la perception des couleurs !
Et quoi ! Faut-il que nous voyons tous, le même monde, dans sa noirceur.
Et pourtant, j’ai bien entendu parler, vous aussi, de ces gens qui voient la vie en rose. Tiens, en voilà une belle couleur pour une bouteille ! Une si belle palette de rose, qui va du pâle pastelle au saumon-orangé, vif comme un bonbon acidulé !
Alors oui, nous pourrions convenir que le vin ne serait que rose mais je m’y refuse. Non par choix politique mais parce que devant moi, je le vois bien, ce vin est bleu comme une orange. Il est de ces jus que beaucoup qualifie de nectar. C’est là une première preuve ! Sa rondeur en bouche me calme les sens, me rassure !

Il est bleu mais il est si bon ! Il tombe du ciel dans mon verre et apporte fantaisie et couleur à ma table d’hiver qui en manque tant, même si à Pézenas le soleil ne nous quitte pas de l’année. Il est une terre à lui tout seul, qui tourne sur lui-même dans son écrin de verre. Sa complexité épouse mon humeur hédoniste.

Je le veux entièrement bleu, bleu comme une orange, bleu comme un raisin mûr de grenache avant la vendange, bleu comme le ciel du Sud qui lui donne de la chaleur, bleu comme la surface plane de la Méditerranée, un matin d’été, quand juste une légère pression de l’air chatouille les feuilles vertes pour mieux faire respirer la vigne.
Je Vois le Vin bleu comme une orange, n’en déplaise à certains, je vois le vin comme je le bois, par instinct, par plaisir, par envie : bleu !

Categories: Les Vendredis du Vin

One Response so far.

  1. […] ce billet (probablement sous acide, d’ailleurs). Olivier même un poil hors sujet a mis une telle poésie dans son texte qu’on lui pardonne (et puis, quelqu’un qui cite Eluard ne peut pas être […]

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