VdVin de l’infini, que sera sera le vin de demain ?

(ce titre se pourrait être une belle mélodie de chanson, non ?)

C’est quoi cette question ?  Il angoisse le Doc ADN (voir le thème des VdV sur son blog) ou bien ! De quoi peut-il bien avoir peur ?

Ca fait plus de 2000 ans que l’on fait du vin, quasi de la même manière puisqu’il s’agit toujours d’empêcher que le jus de raisin ne meure en vinaigre mais bien qu’il ressuscite en vin !

Ca fait bien 2000 ans que les hommes se font plaisir à déguster le fruit de la vigne pour célébrer la vie et marquer le temps qui passe. Ca ne changera pas !

Ca fait au moins 2000 ans que la vigne abreuvent les hommes et les femmes, qu’elle embellit la terre et se laisse dompter par des générations de vignerons.

Qu’importe la technologie, les produits d’hypothèse, les groupes de froid, la thermo-vino-carburation, la pasteurisation évangélique, l’osmose perverse, la la la micro oxydégénération, tout ça donne toujours du liquide qui sera fort fort bien venu, vendu et bu !

Qu’importe, Doc, le vin a toujours suivi les hommes, dans ses invasions barbares, au fil de l’eau, dans ses colonisations, dans ses exodes, dans ses guerres et tout ses travers, le vin est toujours là, nécessaire, impérieux, libre, vivant, planétaire.

Qu’importe son ADN, le vigneron fera toujours du vin pour transmettre un savoir, savoir-faire et savoir-vivre, pèlerin de l’espace, conquérant du bonheur, il est celui qui fait la boisson du bonheur, le sang de la terre !

Regarde bien ce paysage, devant cette magie, on fera toujours de belles choses et de très bons vins !

vignes canigou la tour de france

Le printemps du terroir Pézenas, 3 soirées thématiques dégustation et tapas

Retrouvez le Printemps du Terroir de Pezenas, le 20 mars, le 17 avril et le 22 mai au Restaurant l’Oustal, rue Anatole France à Pézenas, pour des soirées à thème autour des vins, dégustation et tapas, en compagnie de vignerons différents chaque soir. Participation : 15€/personnes seulement

Réservation par téléphone au 04 67 11 08 68 ou 06 38 23 28 40.

20 Mars : L’utilisation du soufre dans le vin, mythes et réalités

Premier soir ce jeudi soir à 20h au restaurant l’Oustal rue Anatole France à Pézenas avec pour thème : l’utilisation du soufre dans le vin, mythes et réalités » Apprendre en dégustant des vins du Domaine Sainte Cécile du Parc et du domaine Stella Nova ! Pensez à réserver  au 04 67 11 08 68 ou 06 38 23 28 40.

17 AVril : L’élevage du vin : Cuve ou barrique ?

Présenté par Mireille Branger, directrice au syndicat de l’AOC Languedoc avec la dégustation des vins des domaines de Nizas, Magellan et la cave d’Alignan et Néfiès.

22 Mai : Pézenas et le patrimoine viticole

Présenté par Christine Catala, animatrice de l’architecture et du patrimoine à l’office du tourisme à Pézenas. avec les vins des domaines du Clos Roca, les trois Puech, et les caves Molière !

programme du printemps du terroir pezenas

La voix de la patience d’ange par anne graindorge

Anne a intitulé son article : « Au bout de la patience, il y a le ciel ». J’ai compris pourquoi.

Ce texte, enfin surtout cette voix, m’avait déjà troublé en l’écoutant, d’une oreille, surpris par le ton, attirant, captivant, cette légèreté d’élocution, et tous les mots qui s’envolaient comme si elle soufflait dessus.

Aujourd’hui, j’ai pris le temps de le ré-entendre. Je n’en dirais pas davantage. Je ne te connaissais pas Anne et mon tropisme piscénois m’aurait certainement empêché de te croiser dans le vignoble de Loire.

Néanmoins, je vais écrire un peu de tes mots ici et si certains d’entres vous le souhaitent, cliquez ci-dessous pour entendre Anne nous passer un peu de son temps :

« D’ailleurs, pourquoi croyez-vous que l’homme est inventé le métronome si ce n’est pour se précipiter à travers le temps ! »

« Alors moi je dis STOP. Enfin non, mon corps a dit stop, moi je n’ai pas du être assez intelligente pour ça. Et bien oui ! mon corps a un jour frappé à la porte de mon cerveau pour lui dire : « Hé, hé dis, tu ne crois pas que tu exagères un peu là ! Tu fais ce que tu veux, moi je ne te suis plus. Alors en moi il a bien fallut que je m’arrête. Sans mon corps sur cette terre, je ne suis plus rien ! Donc oui, dans la patience, il y a la notion de temps ! Ne pas prendre le temps c’est accepter de ne pas être patient, donc être impatient. Et c’est là qu’on perd patience. On s’accroche, on s’amarre avec un corps qui n’a plus la patience de supporter un esprit qui fuse de toutes parts, lui même s’impatientant des patients qui eux perdent aussi patience à supporter leur propre corps qui ne les suit plus et à supporter votre impatience à ne plus vous supporter ! Mais lâchons prise bon sang !!! »

Merci Anne pour ce conseil !

Le Clos Romain fait du vin dans des amphores et ça se voit en naturel sur Arte vidéo

Pour ceux qui s’ennuient en vacances et pour tous ceux qui se demandent où c’est le Languedoc, par où sont passés les romains, et comment on faisait du vin sans barrique, sans fut de chêne, sans cuve thermo-régulée, sans groupe de froid, sans flash-pasteurisation, je vous conseille ce reportage dans lequel vous allez retrouver quelqu’un de bien : Céline du Clos Romain après la 37ème minutes.
Rediffusions :
sam 15 Mars 2014 à 15h10
lun 17 Mars 2014 à 7h45
lun 24 Mars 2014 à 18h15

http://www.closromain.fr/

Un pour en savoir un peu plus, ma première rencontre avec Céline :

http://www.showviniste.fr/vignerons/clos-romain-cuvee-phidias-vin-en-amphore-et-autres-belles-choses/

L’abbaye de Sylva Plana, plus que du vin, un oenotourisme de qualité en terre de Faugères

A nouveau un bel exemple de vignerons qui en plus de leur métier de faiseur de vin se sont lancés dans ce que l’on appelle l’oenotourisme, en l’espèce la restauration et l’accueil touristique.

Le Languedoc  évolue sous l’impulsion de ses domaines réactifs. L’objectif avoué faire venir à soi ce petit consommateur tant désiré et lui proposer plus que du vin, une expérience, un moment de partage.
L’Abbaye de Sylva Plana réunit en un seul lieu une cave, un caveau, un bar à vin, un restaurant, une salle de réception, des chambres d’hôtes et des balades dans les vignes. A la cuisine, c’est tapas le midi et carte le soir en saison. C’est simple, c’est bon, c’est efficace.  Bien entendu, vous y retrouverez les vins du domaine, aoc faugères et igp cote de thongue. Oui j’ai bien dit « cote de thongue », la plage n’est pas loin mais ce n’est pas un indice.

Homme de terre et homme de cave
Le domaine est mené par 2 associés : cédric Guy et nicolas Bouchard qui cultivent le vignoble en agriculture biologique sur une terre pierreuse, de schiste, typique de Faugères. Cédric est l’homme de terre, celui qui ose dans la vigne des pratiques originales comme le labour des sols avec un cheval sur les vieilles parcelles. Nicolas est l’homme de cave, plus discret, entre ses barriques de vins et ses grandes cuves.

L’histoire du domaine est liée à l’abbaye de Sylvanes à Saint Affrique, depuis 1139. Ici, c’était une dépendance pour faire du vin de messe, ainsi que de la pisciculture. Les moines Cisterciens ne mangent pas de viande.

Il y a beaucoup de chose à apprendre à l’abbaye de Sylvanès. Etymologiquement, Sylvanès  signifie « sauve nous » l’endroit où l’on trouve le salut, la rédemption. L’abbaye est aujourd’hui mondialement connue comme centre de formation, de recherche, de création et d’édition au service de la liturgie et de la musique sacrée par l’immense travail réalisé depuis plus de 30 ans par le Père André Gouzes qui a entrepris la composition  d’un corpus liturgique intégral en langue française. Le nom de Sylva Plana est une dérive de Sylvanès, adaptée à l’endroit certainement, entouré de forêt.

Bon, sans vous faire un cours d’histoire, Faugères était une terre protestante, ceci explique que le domaine fut détruit 3 fois et reconstruit 2 fois jusqu’à la révolution. A l’origine, le vignoble ne faisait que 5 ha. Maintenant il en fait 35 ha.

Bio et biodynamie
Les deux familles des 2 associés étaient voisines, famille de coopérateur et famille de négociant. Le Bio est une démarche naturelle. En effet, les 35 ha du domaine ne sont pas mécanisables et historiquement les parents travaillaient proprement sans trop de traitement. Ainsi quand ils ont souhaité faire une cuvée d’exception, la part du diable, en n’utilisant que des matériaux nobles à la cave avec le bois, et en vigne, ils ont converti 3 ha en biodynamie.

Cédric commente sa démarche ainsi : « Depuis 2010, tout est en bio certifié et petit à petit on passe tout en biodynamie. Le passage du bio à la biodynamie ca n’est pas visible dans le vin. Ca demande : de passer le soufre et le cuivre selon le calendrier lunaire. Mais c’est parfois compliqué à cause de la chaleur et du vent. On a peu de temps disponible pour agir sur la vigne.
Côté œnologie, pour le rosé, on ne levure pas. A basses températures, la fermentation de démarre pas.  On utilise les principes de la dynamisation, c’est à dire des petites quantités de substrats dans de l’eau dynamisée, avec de la silice. C’est homéopathique. »

Pour autant, Cédric aime qu’il y ait une explication physique, et non pas ésotérique. Par exemple, pour le vers de la grappe,  il a trouvé une association (le groupe chiroptères du Languedoc Roussillon http://asso-gclr.fr/)  qui a pour but de réintroduire les chauves souris qui mangent les insectes, la nuit. L’association a choisi les endroits et a amené les chauves souris, juste à proximité de l’abbaye en ruine. Il faut aussi un point d’eau. Ce n’est pas évident de le faire partout.

Le cheval c’est moderne !
A propos du recours à la traction animale, Cédric précise : « Le cheval ça me paraît naturel aussi. Quand on a voulu passer 100% en bio. On a quasi doublé la consommation de carburant. On a cherché à diminuer les doses de traitement, du coup il faut passer plus souvent, en cuivre et en soufre. L’herbe faut la tondre, ou la coucher, etc… Il fallait sortir des ha du mécanique, des vieilles vignes, des gobelets, et en 2006, 2007 et 2008, on a sorti 6 ha du mécanique. En cave, de même, pressurage manuel, utilisation de petites cuves, on utilise de l’électricité que pour la mise en bouteille. C’est la démarche sur la cuvé la part du diable. Ainsi on est revenu à notre consommation de carburant comme avant le bio. L’emploi du cheval passe par un prestataire. C’est un petit club avec le domaine de l’ancienne mercerie, la grange d’ain, le mas angel, et mas d’alezon (catherine roque), les estanilles : on a un monsieur qui s’appelle Mathias Liebig, www.lestraitsdusud.fr, c’est une entreprise de prestation animale. C’est un métier qui explose. Il a plusieurs chevaux, c’est sérieux et c’est moderne. »
Et il ajoute au sujet des vignes : « La part du diable ce sont des vignes qui ont 90-100 ans. Il y a très peu de raisin. On y prélève des bois pour les faire reproduire par un pépiniériste pour complanter. On garde ainsi notre patrimoine. On travaille surtout sur des vignes de 60 à 80 ans. Sur 50 ha ca fait 50 ans finalement. Les parents et grands parents ont mis beaucoup de syrah. Entre les années 1980 et 2005, aucun replantage de carignan. Et donc on va devoir s’en occuper. »

Les vins de l’Abbaye Sylva Plana présentent un atout majeur, la fraîcheur ! Elle donne de la finesse aux différentes cuvées. On retrouve dans les jus, la précision du discours de Cédric. Ca va bien droit, c’est franc, c’est juste et aromatique. Si La part du diable est un must recherché, vous trouverez facilement votre élixir de bonheur dans la gamme des vins de l’abbaye. Le mieux c’est de réserver votre prochain séjour, en novice des temps modernes, dormir dans une des chambres d’hôtes et diner au restaurant.

La part du diable, savez-vous ce que c’est ?

(ce qui reste dans la barrique quand la part des anges c’est envolé.)

Photo copyright : Ken Payton